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À la découverte de Penang

Novembre. La Malaisie est verte. Verte, verte. Même ses rizières donnent dans le vert fluo.


Normal. Elle a, dit-on, les plus vieilles forêts du monde.

Et pour les plus belles plages du pays, il faut mettre le cap sur l'île de Penang, surnommée ici la "Perle de l'Orient". Pas mal comme programme!

Et c'est ce que nous allons faire pendant une semaine, question de visiter un peu et de renouveler nos visas thailandais. Nous sommes le 16 novembre 2003.

La "Perle" se mérite...

De Bangkok, il faut se taper environ 24 heures de train pour atteindre Butterworth, en Malaisie. De là on prend le traversier pour Georgetown, principale ville de l'île.

Le voyage en train peut être très agréable - si - l'on a bien choisi son siège. Aux deux extrémités du wagon le bruit devient vite infernal à mesure que la vitesse du convoi augmente, le train délestant régulièrement des wagons arrivés à destination.

En Malaisie, il deviendra impossible de tenir une conversation, le bruit des rails et le cognement incessant du métal enterrent tout. "Crazy train" comme disait ce Chinois pas chanceux, installé à l'arrière du wagon.

Par contre, au centre d'un wagon (sièges 17, 18, 19, 20) tout est calme et on peut dormir. Un peu. Car un train en mouvement, ça brasse.

Nous avons fait l'allée avec des sièges en bout de wagon et le retour, bien installés, au centre. L'enfer et le paradis. Avis aux voyageurs.

Premières impressions de Malaisie

Propreté. À l'instant où l'on traverse la frontière thailandaise, tout devient plus ordonné. Champs et rizières rectilignes. Bâtiments frais peints. Pas de cabanes en matériaux récyclés. Tout semble plus prospère.

Le personnel du train change également. Les sourires sont maintenant chose du passé. De plus en plus de femmes voilées car la Malaisie est à 60% musulmane. La Malaisie, c'est sérieux.

Georgetown

Une vraie ville. Au loin des édifices en hauteur à l'architecture agréable. De l'activité. Un vieux centre-ville. Et pour fond, la montagne. Verte évidemment. Intéressant. Et on y parle aussi anglais.

Arrivée en plein Ramadan, le "Carême" mulsulman. Pour les pratiquants, interdiction de boire et manger avant 19h. Pas très animée le soir, la ville. Peu de restaurants. Beaucoup de stands de rue par contre. Un ou deux bars rencontrés au hasard. Pourtant cette île abrite plus de 1.2 million de personnes: Chinois, Malaisiens, Indiens. Que font-ils le soir? Où sont-ils? Est-ce à cause du Ramadan?

Les Chinois toutefois n'observent pas le Ramadan. Ils ont leurs propres temples, leurs coutumes, leurs rues, leurs quartiers, leurs affaires. Prospères. Les femmes ne portent pas le voile. Les Indiens aussi ont leurs intallations. Tout ce beau monde semble vivre dans l'harmonie et la tolérance.

En positif: Visite inoubliable en cyclo-pousse avec Eddie qui nous fait voir les dessous de la ville et les maisons sur pilotis d'un vieux clan de pêcheurs chinois. Visite de Penang Hill, 700 mètres, en funiculaire. Visite de temples incroyables, ballades en autobus, marche. Oui, il y a des choses à voir.

Côté sombre: On a souvent l'impression qu'on se fait rouler. Par exemple, en taxi, le prix convenu n'est pas toujours respecté à l'arrivée. A quatre, dans un pub irlandais - on livre nos quatre assiettes l'une après l'autre mais avec 30 minutes d'intervalle entre chacune! - pour, je suppose, nous faire boire plus de bière. Au Continental Hotel, on nous parque à l'étage des étudiants en vancances. Sur la rue, on se sent un peu épiés. Et une tourista qui s'installe. Bref, un petit goût amer.

A-t-on aimé Geogetown? On y réflichit.

Tanjung Bungah

On quitte Georgetown pour changer d'hôtel, direction Tanjung Bungah, plage et bord de mer.

On aime tout de suite. Si c'était à refaire nous irions directement en taxi au Tanjung Bungah Beach Hotel qui n'est qu'à 10 km de Georgetown. Un trois étoiles à $30 CAD la nuit, petit déj inclus. Super. Et c'est tellement plus relax qu'en ville. La plage est déserte car il y a des "jelly fish" imprévisibles mais la piscine est extra. Le service est extra. Le personnel extra. Le décor, extra aussi. La vue... idem.

Que demander de plus? De l'animation! Car l'hôtel est situé dans une zone tranquille (trop?) entre Georgetown et la station touristique de Batu Ferringhi.

Mais, il y a le groupe philippin "Les Femmes" qui se produit le soir au bar de l'hôtel. Pour une nuitée ou deux, c'est parfait.

Et 12 km plus loin: Batu Ferringhi

Finalement, c'est ici que la Malaisie rejoint un peu la Thailande. Enfin des restos - des vrais et en quantité- sur 1 ou 2 km. Des hôtels, des condos. Et toujours cette architecture agréable. Des kiosques de bric à brac sur la rue. Les marchands s'installent à partir du coucher du soleil. C'est propre, assez agréable même.

Sur la plage on peut louer des chevaux. Beaucoup d'équipement nautique. Oui, on pourrait penser à s'installer ici pour quelques temps. C'est abordable, le climat semble plus sec qu'en Thailande pour ce temps de l'année. C'est beau. Partout.

On choisit la terrasse d'un resto indien. Il est 19 h. Musique d'ambiance. Soudain, une voix métallique monocorde retentit propulsée par quatre gros hauts-parleurs. Pour la haute-fidélité on repassera. Une cacophonie indescriptible. Pas le choix, faut cesser de parler. C'est l'heure de la prière à la mosquée d'en face. Oups. Nous l'avions oublié un instant. Nous sommes en Malaisie. Et c'est sérieux, la Malaisie.

Pour ceux qui doivent faire un "Visa Run" thailandais

À la sortie du ferry, allez donc directement au Tanjung Bungah Beach Hotel et prenez du bon temps. Le personnel de l'hôtel pourra vous programmer des tours découverte à prix intéressants pour 30 RM. On n'abusera pas de votre porte-feuille. Un préposé s'occupera de vous appeler un taxi pour le consulat de Thailande ou le ferry et l'hôtel paiera le chauffeur directement (à 15 RM c'est le meilleur tarif qu'on a obtenu pour un aller hotel-ferry et en plus c'était une mini-van récente). Vous bénéficierez de prix locaux honnêtes... moins cher qu'à Georgetown. Et on sourit beaucoup ici. Vous ne serez pas trop dépaysé. Bon voyage.

 

 
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Copyright 2006, Gilles Gauvin